Hallo! Wie auch immer Sie hier gelandet sind, Sie lesen hier in
meinem virtuellen Arbeitstagebuch. Ich bin
Konferenzdolmetscherin und arbeite mit den Sprachen
Französisch und Englisch (und Deutsch als Muttersprache). Als
Dolmetscherin und Zeitgenossin bin ich auch an der Veranstaltung von Kinoabenden beteiligt. Gestern Abend ging es um Dekolonisierung, Abschaffung der Sklaverei und den Giftskandal um Chlordecon in Martinique und Guadeloupe. |
Am Veranstaltungsort
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Der Dokumentarfilm
„Décolonisons l’écologie“
gibt den Bevölkerungen Martiniques und Guadeloupes eine
Stimme, die bis heute den Folbgen der Kolonialisierung
ausgesetzt sind. Dabei sind die beiden Antilleninseln auch noch 2026 durch eine
postkoloniale Nabelschnur mit Frankreich verbunden. Die
Nachfahren der Kolonisatoren, die
Békés, sind verhasst, denn die
Ausbeutung der Böden und der Menschen dort hat nie wirklich aufgehört.
Nicht nur Wasser und das Erdreich sind kontaminiert, sondern auch die meisten Bewohner:innen der Inseln.
Die Banane, Symbol einer aus dem kolonialen System
hervorgegangenen Landwirtschaft, wird trotz ihrer
verheerenden Auswirkungen weiterhin angebaut.
Ohne EU-Förderungen wäre dieser Anbau übrigens unwirtschaftlich.
Rückblick
Diese Verschmutzungen sind Teil einer langen Geschichte der
Unterdrückung. Im 17. Jahrhundert wurden Martinique und
Guadeloupe im Dienst der französischen Wirtschaft der
Monokultur unterworfen. Die Sklaverei, 1642 legalisiert und
durch den Code Noir organisiert, begründete ergänzend ein
System, in dem sich Macht, Land und Reichtum in den Händen weniger
Familien konzentrieren. Nach der Abschaffung der Sklaverei
blieben diese Strukturen in anderen Formen bestehen. Bis heute
kontrollieren wenige Familien den Großteil der
fruchtbarsten landwirtschaftlichen Flächen.
Bananenanbau und -handel ist nach wie vor eine der
wirtschaftlichen Säulen der beiden Inseln: Fast die gesamte
Ernte wird nach Europa exportiert. Ihr Anbau ist jedoch
ohne den massiven Einsatz von Pestiziden undenkbar.
Das Gift und die Folgen
Chlordecon, das offiziell zwischen 1972 und 1993 eingesetzt
wurde, hat Böden, Flüsse und Küstengebiete kontaminiert; es braucht noch etwa 700 Jahre, bis die Chemikalie nicht mehr schädlich ist. Bis heute tauchen noch
Bestände der Substanz auf, die seit Jahrzehnten in Europa
verboten ist.
Mehr als 90 % der Bevölkerung waren dem hochgiftigen
Chlordecon ausgesetzt, das unter anderem mit einem massiven
Anstieg von Krebserkrankungen sowie schweren Entwicklungsstörungen bei
Kindern in Verbindung steht. Trotz seit vor über fünfzehn Jahren
eingereichter Klagen wegen „Gefährdung des Lebens Dritter“
stagnieren die Gerichtsverfahren und schüren ein tiefes Gefühl
von Ungerechtigkeit und Verlassensein.
Der Film beschreibt eindrücklich die tragische Ironie der
Verschmutzung: Die Böden bleiben noch für Jahrhunderte
kontaminiert, zugleich wäre heute der Übergang zu nachhaltigen Betriebsmitteln
deutlich teurer als der Einsatz vom Chemiekeulen. Dieser Preis scheint zu hoch zu sein für die Player des
globalen Handels.
Selbstermächtigung
Ein weiteres Kapitel des Films ist dem Widerstand gewidmet,
der sich gebildet hat und bildet, um den Vergehen gegen Arbeits-
und Umweltschutz etwas entgegenzusetzen. Es entstanden
Gewerkschaften, Bürger:innenkomitees, politische
Bewegungen sowie alternative landwirtschaftliche
Initiativen mit dem Ziel, die Kontrolle über Territorium und Gesundheit zurückzugewinnen. Der Kampf ist gleichermaßen
ökologisch, sozial und politisch: Es geht darum, mit einem
wirtschaftlichen Modell zu brechen, das aus der Kolonialzeit
stammt, und eine echte Ernährungssouveränität aufzubauen. Dass viele Ländereien geraubt sind, setzt dem Drama noch die Krone auf.
Ausblick
Am Ende stellt der Film eine radikale und symbolische Frage:
Müssen zuerst die Bananenplantagen abgefackelt werden, damit
aus ihrer Asche endlich eine gesunde Landwirtschaft entstehen
kann? „Décolonisons l’écologie“ erinnert daran, dass die Umweltkrise nicht von historischen Herrschaftsverhältnissen
zu trennen ist. Die Natur zu schützen bedeutet hier auch,
Ungerechtigkeiten zu reparieren, Erinnerung weiterzugeben
und eine lebensfähige Zukunft zu entwerfen.
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| Au Café Plume |
Le
documentaire « Décolonisons l’écologie » donne la parole aux
populations martiniquaises et guadeloupéennes, confrontées
aux héritages toujours virulants de la colonisation.
Ces
îles sont encore aujourd’hui reliées à la France par un cordon
ombilical postcolonial. La colère contre les békés,
descendants des colons et grands propriétaires fonciers, reste
vive.
Les habitants dénoncent l’exploitation continue
des terres, la pollution massive de l’environnement et ses
conséquences
dramatiques : l’eau, le sol et les humains sont contaminés.
La banane, symbole d’une agriculture héritée du système
colonial, continue d’être cultivée malgré ses effets
dévastateurs.
Sans les subventions de l’UE, cette culture ne serait d’ailleurs pas rentable.
Coup d'œil sur l'histoire
Ces pollutions s’inscrivent dans une histoire longue de
domination. Dès le XVIIᵉ siècle, la Martinique et la Guadeloupe
deviennent des terres de monoculture au service de l’économie
française. L’esclavage, légalisé en 1642 et organisé par « Code Noir », fonde un système de concentration des terres et des
richesses entre les mains de quelques familles. Après
l’abolition, cette domination économique se maintient sous
d’autres formes. Aujourd’hui encore, quelques familles contrôlent l’essentiel des terres agricoles les plus productives.
La filière bananière constitue toujours l’un des piliers
économiques des deux îles : près de 100 % de la production est
exportée vers l’Europe. Mais cette agriculture repose sur un usage
massif de pesticides.
Le produit toxique et son impact
Le chlordecone, qui a été utilisé
officiellement entre 1972 et 1993, a contaminé les sols,
rivières et les zones côtières; sa dégradation prendra environ sept siècles.
Plus de 90 % de la population a été exposée au chlordécone
hautement toxique, associé notamment à une explosion des
cancers et à de graves troubles du développement chez les
enfants. Malgré les plaintes déposées depuis plus de quinze ans
pour mise en danger de la vie d’autrui, les procédures judiciaires stagnent, alimentant un profond sentiment d’injustice et d’abandon.
Le film souligne avec force l’ironie tragique de cette pollution : alors que les sols resteront contaminés pour des siècles, la transition vers des intrants agricoles durables coûterait nettement plus cher que l’utilisation des cocktails chimiques, un coût qui semble dérisoire
aux yeux des grands acteurs du commerce mondial.
Emancipation
Un autre chapitre du film est consacré à la résistance qui s'est
formée et continue de se former pour lutter contre les
infractions en matière de protection du travail et de
l'environnement. Il montre l’émergence de syndicats, comités citoyens, mouvements politiques et initiatives agricoles alternatives s’organisent pour reprendre le contrôle du territoire et de la santé. La lutte est à la fois écologique, sociale et politique : il s’agit de rompre avec un modèle économique hérité de la colonisation et de construire une véritable souveraineté alimentaire. Le fait que de nombreuses propriétés aient été volées ajoute encore au drame.
Nouvelles perspectives
En conclusion, le film pose une question radicale et symbolique : faut-il d’abord brûler les bananeraies pour que, de leurs cendres, puisse enfin naître une agriculture saine ? «
Décolonisons l’écologie » rappelle que la crise
environnementale ne peut être dissociée des rapports de
domination historiques. Protéger la nature, ici, signifie
aussi réparer les injustices, transmettre la mémoire et
imaginer un avenir viable.
Pour aller plus loin, nous vous conseillons les ressources suivantes :
— Podcast « La Terre au carré : Scandale du chlordécone aux Antilles : une histoire coloniale », France Inter (Paris), nov. 2024
— Une écologie décoloniale, penser l'écologie depuis le monde caribéen , Malcolm Ferdinand, Cairn (Paris), 2019
— S'aimer la Terre: Défaire l'habiter colonial, Malcolm Ferdinand, Seuil (Paris), 2024
Merci beaucoup à la section berlinoise des Français du Monde !
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Fotos: C.E.